Pensez-vous être bien informé sur les violences sexuelles faites aux enfants ?
Que ce soit oui ou non, venez le vérifier sur le site de la CIIVISE.
Des parents dysfonctionnels
Il est difficile pour un enfant de dénoncer son parent.
Déjà, il est souvent impossible pour un enfant qui vit dans une famille incestuelle (climat incestuel) de le réaliser. Cela prend généralement des années pour que l’enfant devenu grand sorte de l’amnésie traumatique et prenne conscience de ce climat incestuel et de l’impact sur sa vie d’adulte.
Des enfants maltraités devenus des adultes traumatisés
Oui il faut appeler les violences sexuelles et les violences psychologiques faites sur les enfants de la maltraitance infantile.
Quand on parle d’inceste et d’incestuel on oublie souvent de parler du devenir de ces enfants.
Alors moi j’en parle !
Des conséquences catastrophiques
Ma période de dépression et de phobie sociale (5 ans), mais aussi les 30 années de maigreur et de troubles alimentaires (anorexie réactionnelle), et la sclérose en plaques secondaire progressive, apparue à mes 12 ans par une fatigue chronique qui me cloue au fauteuil rouant depuis deux ans, sont des séquelles de ce vécu.
La psychiatre Muriel SALMONA explique très bien les effets des violences sexuelles sur les enfants à l’âge adulte sur son site Mémoire traumatique et notamment les TCA.
Une impunité de la pédocriminalité ?
Les enfants sont aussi soumis à la pédocriminalité en dehors de leur famille.
Je pense à l’affaire du médecin Le Scouarnec, qui a été condamné pour avoir profité de l’anesthésie pour les violer.
Et qui pense aux « victimes prescrites » ?
En apparence les familles dans lesquelles règne un climat incestuel sont comme les autres familles. Rien ne se dit et rien ne se voit. Tout est banalisé. L’enfant n’est pas un individu à part entière mais le prolongement de ses parents.
A l’âge adulte pour peu qu’il ait réussi à sortir de l’emprise parentale, il va alors pouvoir sortir de l’amnésie traumatique : il va enfin pouvoir réaliser que son présent est en partie du à son vécu.
La prise de conscience peut être très douloureux.
Parce que c’est souvent trop tard pour réagir.
Les parents dysfonctionnels sont peut être morts et de toute façon la plupart vivent dans le déni …
Moi je réalise que ce que je croyais être de l’amour était plus de la séduction narcissique que du véritable amour maternel sain
De mon, côté cela ne retire pas l’amour que j’ai pour ma famille et je continue malgré ma maladie neuro dégénérative et malgré ce vécu de m’occuper de mon père de bientôt 91 ans !
Des adultes en souffrance
Depuis le décès de ma mère en 2016 et le départ en EPHAD de mon père en 2019, je vis seule. Depuis 2 ans, j’ai enfin mon propre appartement. Il a fallu que j’attende d’avoir 54 ans pour vivre mon indépendance ..
Dans ma famille, nous vivions dans une sorte de huis clos.
Officiellement la cause était ma SEP qui ne m’avait pas permis de travailler, mais en réalité ma mère était bien contente que je reste à la maison pour m’occuper de mon père handicapé afin qu’elle puisse continuer à travailler.
Maintenant à 56 ans, après avoir touché le fond en 2024 (15 jours d’hospitalisation et 5 mois de sonde naso gastrique pour recevoir la nutrition entérale) je suis guérie de l’anorexie traumatique. Je suis bien chez moi mais je n’ai jamais travaillé officiellement même si j’estime que 30 ans d’aide familiale c’est du travail !
Je n’ai pas non plus pu avoir une vie sentimentale ni fonder de famille ..
Je me souciais plus des besoins de mes parents que des miens.
J’ai été formée ainsi depuis mes 21 ans. Cela ne me choquais pas car je trouvais cela normal d’aider mes parents et je pensais même avoir de la chance car sans eux je me seras retrouvée à la rue peut-être ?
Au lieu de ça j’ai pu faire des études supérieures .. j’estime avoir reçu une bonne éducation
Mais une chose essentielle a manqué : l’amour qui aide à grandir …
Un parent non toxique souhaite que son enfant parte faire sa vie et non le retienne à la maison.
Parce que j’avais la SEP (certes sans le savoir pendant 26 ans d’errance médicale !), je n’auras pas pu travailler et quitter le domicile familial ?
Mes parents ont cru m’aimer mais l’amour sain ce n’est pas de vouloir garder ses enfants pour soi
J’ai beaucoup de gratitude envers mon oncle et ma tante (qui sont aussi mes parrain et marraine) pour m’avoir permis de me loger dans mon appartement. Ils sont devenus pour moi mes référents.
Chrystèle